Marina Suarez

Lycée Antoine de Saint-Exupéry, Santiago de Chile, Chili.
Catégorie : 5ème à 3ème.

Œuvre choisie : NIGHTHAWKS (Edward Hopper).

Publié le lundi 19 juin 2017.

Remords

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Janvier 1942, c’était une nuit froide comme n’importe quelle nuit d’hiver. Je marchais lentement, ressassant dans ma mémoire cet épisode qui n’arrêtait pas de me revenir en tête. Je me sentais bizarre, je ressentais une espèce de culpabilité, je ne savais plus quoi penser, si j’avais bien fait ou si je m’étais trompé… Je vais vous raconter ce qui c’était passé.
C’était un lundi matin, je m’étais levé à sept heures comme d’habitude et j’étais allé au travail. J’avais une réunion importante avec le chef d’entreprise, monsieur Dilomme. Tout allait bien. On allait enfin signer le projet, que j’allais, moi-même diriger. Mais le téléphone sonna, Dilomme s’excusa et sortit pour parler. J’attendis impatiemment pendant une dizaine de minutes, en réfléchissant au projet. Dilomme pénétra ensuite dans la salle, l’air préoccupé et les yeux rouges. Je lui demandai ce qui c’était passé. Il me raconta qu’on venait de lui annoncer que son fils avait été assassiné… Perplexe, je ne savais pas comment réagir ; j’avais une envie terrible de signer enfin ce projet, mais je compris qu’en la circonstance ce n’était pas la priorité de Dilomme ; et ça ne le serait plus pour très longtemps. Je décidai de le laisser tout seul et je rentrai chez moi. Je racontai à ma femme ce qui c’était passé. C’est alors qu’elle m’avoua, les larmes aux yeux, que c’était elle qui avait tué le fils de monsieur Dilomme...
Je ne pouvais pas en croire mes oreilles. Ma femme avait commis un crime ! Je ne comprenais rien. Mais pourquoi ? pourquoi ? l’interpellai-je... Elle m’expliqua que c’était parce qu’elle avait entendu que ce fils était le successeur de l’entreprise de monsieur Dilomme et que s’il disparaissait, ce serait moi son successeur naturel, après la signature de ce contrat… Je ne savais pas quoi dire, j’étais saisi de sueurs froides, je m’énervai, me mis à lui crier et lui demandai si elle avait idée de ce qu’elle avait fait ! Je lui dis que la police allait la découvrir... je lui criai plein de choses. Elle demandait pardon entre larmes et sanglots. Alors, je décidai de me calmer et de penser à ce qu’il y avait de mieux à faire. Je décidai de ne pas nous livrer, et qu’il nous faudrait vivre avec ce poids sur nos consciences pour le reste de nos vies.
Quelques semaines plus tard, je rencontrai avec monsieur Dilomme. Je lui demandai si l’assassin avait été découvert, mais il me dit qu’ils n’avaient pu trouver aucune piste. Je me détendis enfin. C’est alors qu’il m’invita à signer le contrat.
Me voici au café, assis avec ma femme, l’assassin d’un pauvre jeune homme, et mon associé, le père de la victime. Je ne sais pas si je ressens de la culpabilité, mais je sens quelque chose qui me fait du mal. J’aurais pu faire le bien mais cela signifiait dénoncer ma femme. Je suis confus et j’ai peur. Peur qu’un jour la vérité sorte de sa cachette.